février 2020 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌
UNION PAYSANNE
 
 

La Chronique Paysanne

Édition de avril 2020

L'UPA, l'éléphant dans la pièce

  Maxime1

















On me reproche parfois de faire du "UPA-bashing". Je trouve au contraire que prétendre vouloir parler d'agriculture au Québec ou de souveraineté alimentaire en évitant soigneusement de mentionner l'UPA, c'est un peu comme de vouloir décrire un salon en oubliant de parler de l'éléphant qui se trouve au centre. Après presque 50 ans de monopole et de contrôle quasi absolu sur notre agriculture, il faut reconnaître la lourde part de responsabilité de l'UPA dans la dépendance de notre agriculture, autant en exportation qu'en importation, en spécialisation, en disparition des fermes.

Le double discours constant

D'un côté de la bouche, on vante notre force de travail en tant qu'agriculteurs et de l'autre, on affirme que ça prend deux Québécois pour être aussi efficace qu'un travailleur étranger (Marcel Groleau, La Presse, 7 avril 2020). (...)

Encore en décembre, l'UPA louangeait l'exportation et la conquête des marchés (congrès, déc 2019) et prétend aujourd'hui s'être toujours préoccupée de mise en marché locale. Sans oublier le fait que l'UPA a quand même embauché des avocats pour bloquer nos requêtes de vente directe d'oeufs, de poulet et de dindon devant la Régie des marchés agricoles. Avocats payés avec nos cotisations de fermiers, en outre...

Une absence louche

Avec tout le pouvoir dont dispose l'UPA, on peut se demander pourquoi cette organisation ne s'est jamais attaquée aux enjeux de l'agriculture de proximité. Par exemple, il aurait été simple de demander le remboursement des certifications bio, ce qui représenterait à peine 2 ou 3 millions, alors qu'elle a obtenu sans peine les milliards pour développer une agriculture d'exportation reposant sur les subventions du porc et du maïs.  (...)

Ce qui empêche notre agriculture de s'adapter, d'évoluer, de contribuer à une véritable souveraineté alimentaire, ce ne sont pas les "forces du marché" ou une quelconque volonté céleste. C'est clairement le carcan de l'UPA, ce qui incitait Jean Pronovost à conclure que le Québec agricole manquait d'oxygène. Vous voulez un véritable changement en agriculture? Ça passe obligatoirement par la fin du monopole de l'UPA.

Maxime Laplante, agr, président

Soutenez la souveraineté alimentaire: devenez membre de l'Union paysanne

 

La crise du coronavirus amène monsieur et madame tout le monde à s'intéresser à leur approvisionnement en nourriture. Plus que jamais, les gens veulent s'affranchir d'un système alimentaire industriel qui nous rend dépendants de l'industrie et des aléas internationaux. Les semencier-ères artisanaux-ales peinent à fournir à la demande, le marché de proximité de Québec a triplé son chiffre d'affaires et faire son pain est tellement devenu la norme que la levure et la farine sont en rupture de stock dans plusieurs épiceries. 

Bref, c'est le moment tout indiqué pour passer à l'action et DEVENIR MEMBRE de l'Union paysanne. Depuis sa fondation en 2001, l'Union paysanne répète sur toutes les tribunes que l'agriculture n'est pas une activité banale à laisser aux multinationales. La solution est dans une paysannerie forte et indépendante, qui produira pour ses communautés, de manière souveraine et durable.

Passez à l'action dès maintenant en adhérant à l'Union paysanne!

Lettre ouverte à Marcel Groleau

 

Souveraineté alimentaire en temps de crise. L'Union paysanne a plusieurs solutions à proposer afin de rapidement donner de l'air au système agricole du Québec. À cet effet, nous avons adressé nos demandes au président de l'UPA. Nous n'avons toujours pas eu de réponse... 

Monsieur Groleau,
Depuis le début de la crise reliée à la Covid-19, vous nous avez souvent rappelé l'importance de consommer des produits québécois et d'assurer la sécurité alimentaire du Québec. Dans votre récente chronique intitulée : "Covid 19, j'ai confiance en nous", vous affirmez que «La sécurité alimentaire d’une nation est une priorité qui dépasse très largement les intérêts économiques de tout un chacun.» Sur ce, l'Union paysanne ne peut qu'être en accord avec vous.

(...)

Plusieurs mesures peuvent être mises de l'avant dès maintenant afin de favoriser la production et la distribution en circuit court. Pour ce faire, nous vous exhortons d'adopter ces mesures :

• Augmenter les seuils de production hors quota à 500 oeufs, 2000 poulets et 300 dindons, de façon à permettre aux fermes du Québec de nourrir nos communautés. Pendant que vos fédérations nous interdisent de produire ces denrées, le Québec importe ces mêmes aliments de l'étranger. Par exemple, le Québec importe pour 42 millions $ de poulet alors qu'une ferme d'ici ne peut produire plus de 300 poulets sans détenir un exorbitant quota. Autre exemple: le Québec importe pour plus de 6 millions de dollars d'oeufs mais on interdit aux fermes du Québec d'avoir plus de 100 poules sans acheter un quota à l'industrie de la volaille;

• Nous aider à faire appliquer la Loi sur la mise en marché des produits agricoles qui dit clairement qu'un plan conjoint (et quota) ne devrait pas s'appliquer aux ventes directes au consommateurs;

• Supprimer les entraves imposées par les offices de producteurs à la vente à la ferme et en circuit court telles que l'obligation de payer des prélevés sur le transport du lait pour les artisans-fromagers (alors que leur lait ne sort pas de la ferme);

• L'arrêt des poursuites et saisies menées par les différentes fédérations de l'UPA qui vont même jusqu'à mépriser les règles de confinement en faisant irruption dans des fermes. Les paysans-nes du Québec ne demandent qu'à pouvoir nourrir leurs communautés. Ces personnes ont les possibilités d'assurer la sécurité alimentaire du Québec. Donnons-leur la possibilité de le faire. Il nous apparaît urgent de trouver une nouvelle voie qui permettrait à la fois de protéger la gestion de l'offre et de donner de l'espace aux jeunes, aux régions, aux agriculteurs biologiques, à l'agriculture locale et aux paysans.

Puisque vous prétendez nous représenter, vous avez donc l'obligation morale de nous soutenir dans notre intention de contribuer à la souveraineté alimentaire du Québec.

Il devrait être légal de donner du lait au lieu de le jeter

lait 

L'annonce récente concernant le fait de jeter du bon lait à l'égout en pleine crise a suscité beaucoup de réactions. Il serait pourtant tentant d'acheter du lait directement de la ferme au lieu d'en faire un déchet. Mais malheur au fermier qui se ferait prendre à vendre ou même donner du lait au Québec.

En effet, le Règlement sur les quotas des producteurs de lait est clair à ce sujet:

(art. 3)"Nul ne peut produire ou mettre en marché du lait sans détenir un quota." Selon ce règlement, nul ne peut produire, ni vendre, ni donner du lait sans détenir un quota. Et pour qui déciderait de vous refiler un peu de lait, il doit s'attendre à devoir payer une amende de 500 $ par litre de lait pour tout volume inférieur ou égal à 10 litres.(art. 18)

On comprend que la gestion de l'offre en vigueur au Canada vise à équilibrer la production de lait selon les besoins de la population, sans créer de surplus ni de manque. Mais la loi sur la mise en marché des produits agricoles prévoit justement la possibilité de faire la vente directe de lait, sans détenir un quota ni passer par un plan conjoint de mise en marché.

"un plan conjoint ne s'applique pas aux ventes directes au consommateur" (Loi sur la mise en marché des produits agricoles, art.63). Le problème, c'est que la Régie des marchés agricoles, organisme public de surveillance de la mise en marché, refuse d'appliquer la loi, cédant sous la pression des Producteurs de lait de l'UPA.

Et même si vous détenez un quota, au prix de 24 000$ par vache pour un minimum de 10 vaches, soit 240 000$, vous n'avez quand même pas le droit de faire de la vente directe à un client. Pourtant, ailleurs au Canada, l'Alberta permet la vente directe de 50 litres de lait par jour. Pour Maxime Laplante, président de l'Union paysanne, "on peut acheter du lait directement de la ferme pratiquement partout sur la planète, sauf ici".

Tant que la Régie des marchés agricoles, sous la pression de l'UPA, refusera de permettre la vente directe de lait selon la loi, le Québec continuera à assister à du déversement de lait à l'égout, alors qu'un marché est disponible et que nombre de fermes seraient intéressées par un revenu supplémentaire.

Le Symposium Sol Vivant devient virtuel

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Le Symposium Sols vivants de Régénération Canada devient virtuel! L’événement sera sera tenu en ligne du 27 avril au 8 mai prochains. Le Symposium est un espace d'apprentissage et d'échange une des solutions les plus méconnues et la plus prometteuses au changement climatique : la gestion régénératrice des sols. Rejoignez agriculteurs, citoyens engagés, consultants, entreprises, organisateurs communautaires, chercheurs et plus encore pour deux semaines de sessions inspirantes, conçues pour favoriser des conversations constructives et des collaborations significatives. Cette année, l’événement se concentrera sur trois piliers : l'urgence, la résilience et l'action collective. Plus que jamais, il est important de se rassembler afin de discuter de comment bâtir des communautés résilientes. 

Venez apprendre, échanger et rencontrer les leaders du mouvement régénérateur dont David Montgomery (Université de Washington à Seattle), le lanceur d’alerte et agronome Louis Robert (MAPAQ), Dominic Lamontagne (La ferme impossible), Marie-Élise Samson (Université Laval), Joel Williams (Integrated Soils) et Kris Nichols (Microbiologiste et fondatrice de KRIS Systems).